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Comment parler de la séparation des parents aux enfants ?




Une situation répandue
Bon nombre d’enfants vivent aujourd’hui la situation d’avoir leurs parents séparés. ils alternent entre deux domiciles, deux familles, deux foyers…
Est-ce pour autant une situation à banaliser ?
Bien que devenue fréquente, la séparation des parents n’en est pas moins douloureuse, voire perturbante pour l’enfant. Que faut-il faire pour minimiser les dégâts ? Que faut-il dire à l’enfant ? Ne pas dire ? Comment le préparer à l’inévitable ?


Séparation des parents : comment en parler aux enfants ?

Y a t il des différences liées à l’âge ?

Durant les premiers mois de sa vie, par exemple, l’enfant est littéralement attaché à sa mère, et sera profondément marqué par une séparation prolongée d’avec elle. La séparation sera vécue comme une déchirure profonde qui créera une béance, un manque immense en lui. L’absence du père peut aussi être marquante, à la mesure du lien d’attachement qui se sera noué entre le père et l’enfant.

Ceci revient à dire qu’une séparation des parents vécue durant la première année de vie de l’enfant va profondément le marquer; d’autant plus qu’il n’a, à cet âge, ni les moyens de comprendre, ni les moyens de surmonter seul ce bouleversement

Un peu plus grand, l’enfant « apprend » à se séparer et développe des « compétences » à gérer la frustration liée à la séparation ; mais ce n’est pas pour ça qu’il ne souffrira pas d’une séparation. Des facteurs, autres que l’âge, peuvent aggraver la souffrance de l’enfant.

Suivant les étapes de son développement, l’enfant cherchera plus la présence de son père ou sa mère (selon qu’il est garçon ou fille); et ce besoin, lié à des moments bien particuliers de sa vie, sont à prendre en compte. 


De quoi souffre l’enfant exactement ?

Il peut souffrir de plusieurs choses :

Avant et pendant la séparation :

le stress qui entoure la séparation : rares sont les séparations qui se passent dans le calme : disputes, agressivité ou violence insécurisent l’enfant

la souffrance des parents : la séparation occasionne de la souffrance plus ou moins intense chez les parents: l’enfant est atteint par cette douleur

Etre pris à parti : quand on lui demande  de « choisir un camp » ou d’être témoin des mauvais agissements d’un de ses parents, l’enfant peut être très mal à l’aise, tiraillé qu’il est entre ses deux parents

 Il souffrira de ne pas avoir de modèle de parent capable de régler SEREINEMENT des différends entre et en adultes.

si les disputes entre les conjoints sont fréquentes et/ou violentes, l’enfant souffrira de voir ses parents se faire du mal et incapables de s’aimer et de trouver une entente.

 Il souffrira de l’insécurité affective et psychique.

Après la séparation :

- L’absence du parent : quel que soit le lieu où il sera, il souffrira de l’absence de l’autre parent.

entendre des discours disqualifiant sur son père ou sa mère, qu’il ne comprend pas et qui vont à l’encontre de la loyauté dont il se sent redevable vis à vis de chacun de ses parents.

Il souffre de l’angoisse de ne plus être aimé un jour : si ses parents ne s’aiment plus aujourd’hui, il pense qu’ils peuvent ne plus l’aimer, lui, demain.

Il souffrira dans l’image idéale qu’il a besoin d’avoir de ses parents pour se développer. Il devra recréer d’autres modèles de la famille, du couple, des parents…


L’enfant peut-il être plus ou moins perturbé en fonction des motifs ayant causé la séparation ?

Non, le motif qui amène un couple à se séparer n’a pas de conséquence directe sur l’enfant. Néanmoins, la façon dont il a été perçu par l’enfant, et comment ça lui a été annoncé en a. 

Par exemple, si les parents annoncent qu’il n’y a  plus d’amour entre eux, il craindra aussi pour lui-même : « si maman n’aime plus papa ou l’inverse, peut être qu’un jour, elle ne va plus m’aimer non plus ! ».

Si l’un des parents laisse transparaitre son « malheur » (alors que l’autre parent, bien que malheureux,  fait « bonne figure »), l’enfant aura tendance à prendre parti pour le parent malheureux (et en vouloir à l’autre qui pour lui, est forcément responsable de ce malheur). Il peut vivre un vrai conflit de loyauté dont il aura du mal à se dépêtrer. Il risque de s’introduire dans le conflit des parents et si aucun des parents ne l’en empêche, ou pire, se confie à lui en disant : « tu vois comme papa (ou maman) me fait souffrir », l’enfant souffrira énormément de cette mésentente.

En plus, la culpabilité peut être pour l’enfant une vraie souffrance : si il comprend que les conflits tournent « autour de lui », il se posera sans doute aussi la question suivante : « suis-je responsable de cela ? ». Certains se sentiront fautifs de la situation.

Pour conclure?

Finalement, ce n’est pas tant les raisons de la séparation qui peuvent perturber l’enfant  que la façon dont elles sont restituées à l’enfant , la façon dont les adultes montrent à voir de leur capacité à régler leurs conflits et désaccords, et la position inconfortable d’avoir à prendre parti pour l’un de ses parents et aussi parfois la culpabilité.


Faut-il tout dire aux enfants ?

C’est sûr : il faut « dire quelque chose » à l’enfant ; qui de toutes façons sentira que quelque chose ne va pas. Car, ne rien en dire, c’est faire penser à l’enfant que le divorce ou la séparation est un truc « effroyable », indicible, innommable ; Lui-même ne se sentira pas autorisé à en parler. Il vivra de l’intérieur sa souffrance et ses questions sans oser (ou savoir) les nommer…

Alors que si elle est parlée, expliquée à l’enfant, et même si la séparation fait souffrir ceux qui la vivent, l’enfant apprendra que ça fait partie de la vie… et qu’on y survit !

Néanmoins, il ne faut pas tout dire (par exemple, les motifs et circonstances exacts de la séparation, les reproches qu’on fait au conjoint, la douleur qu’on ressent). Ni dire les raisons « à première vue » qui ont causé la séparation : infidélité, alcoolisme ou « le geste de trop » ; car la raison avancée en premier en cache souvent d’autres : c’est l’arbre qui cache la forêt ! La séparation est souvent la réponse à de multiples causes et circonstances, qui sont trop complexes pour être appréhendées par l’enfant.


Alors, quoi dire ?

Il y a plusieurs chose que l’on peut dire :

Ce qui importe d’abord, c’est de signifier à l’enfant quelle place il a et aura dans tout ça (entre autre, qu’il n’y est pour rien dans la décision de séparation).

Dire, qu’il peut être sûr de garder « pour toujours » l’amour de ses parents, amour filial, bien différent de l’amour conjugal.

Dire aussi qu’on ne regrette pas la naissance de l’enfant, qu’il a été un fruit attendu du couple, qu’il a été conçu dans l’amour de deux êtres et que ça ne changera pas. 

Dire que la cause de la séparation est un problème de couple, mais que même séparés, on reste parents. 

Dire les conséquences concrètes que la séparation entrainera pour l’enfant, le prévenir (les modalités de la garde notamment) : Un enfant est tout à fait capable d’assumer la réalité qu’on lui annonce, bien plus que d’assumer le mensonge ou le silence…

Peu de parents arrivent seuls à gérer avec calme et perspicacité leur séparation : mieux vaut si besoin, se faire aider pour se décoller des formes immatures d’expression de ses propres émotions, et savoir quoi dire à l’enfant ou laisser une tierce personne mettre les mots appropriés sur la situation : une psychologue peut jouer ce rôle.


Pour visionner l'émission radio-enregistrée en partenariat avec Polynésie 1ère :

consultation_familypsy_du_12_oct_2015_10_12.mp3 consultation_familypsy_du_12_oct_2015-10-12.mp3  (22.3 Mo)



Rédigé par Nathalie Colin-Fagotin, Lu 331 fois





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