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Quelle obéissance en éducation bienveillante ?

Quel type d'obéissance souhaitons-nous transmettre à nos enfants ? Quelle obéissance va les rendre plus autonome et libre ? A qui et à quoi les enfants "doivent-ils" obéir ?






Qu'est-ce que l'obéissance ?

L'idée répandue qui revient, au sujet de l'obéissance, consiste à la voir comme une soumission passive à quelque chose ou quelqu'un d'extérieur. Ce qui situe l'autre ou la "chose" (une loi, un principe, un dogme par exemple)  dans une posture de toute-puissance pouvant asservir l'autre. C'est à mon sens une vision réductrice de ce que pourrait (devrait) être l'obéissance...

En outre, elle limite celui qui obéit dans sa liberté qui se voit plus "imposer" quelque chose plutôt que "suggérer" ce qui lui permettrait ensuite de "l'intégrer" librement, et en conscience.
Quand l'obéissance est vécue en conscience, il y a donc un engagement, une acceptation, qui va faciliter d'ailleurs l'intégration ou l'apprentissage.

La différence est de taille car dans un cas, elle limite l'être humain dans ses facultés d'autonomie. Dans le premier cas, il renonce à exercer son libre arbitre et sa liberté; quand dans l'autre cas, elle est mobilisée et exercée. Dans le second cas, il y a donc un engagement, une acceptation, qui va faciliter d'ailleurs l'intégration ou l'apprentissage.

Quelques éléments philosophiques

Je trouve intéressant d'introduire quelques perspectives philosophiques pour comprendre les deux axes de cette obéissance.

Il s'agit de la réflexion de Denis Marquet, philosophe.
La véritable obéissance consiste donc à se mettre à l’écoute de ce qui vient à notre rencontre.
"Ob-éir est composé de la racine -éir, qui signifie « écouter », et du préfixe ob-, qui signifie « au-devant de, à la rencontre de ». La véritable obéissance consiste donc à se mettre à l’écoute de ce qui vient à notre rencontre. C’est-à-dire du réel. Obéir, c’est s’ouvrir à l’Autre, sous toutes ses formes : l’adversité, ce qui s’oppose à moi ; l’inattendu, ce qui déjoue mes plans, mes projections mentales ; l’altérité d’autrui, qui excède mon savoir et mes prises de possessions. Obéir, c’est l’ego qui s’ouvre à ce qui le transcende, et c’est pourquoi la véritable obéissance permet un dépassement de l’ego.
Celui qui prétend ne jamais obéir n’est souvent que l’esclave de ses propres penchants, le prisonnier de son ego.
Ainsi le fanatique croit-il obéir à Dieu, quand il ne se soumet en fait qu’à sa propre représentation mentale, au nom de laquelle (« obéissez-moi, car j’obéis à Dieu ») il devient un tyran. Celui qui croit obéir en se soumettant à une idée est en fait un tyran de soi-même, et un tyran des autres : car il somme le réel d’obéir à son idée. Mais à l’opposé, celui qui prétend ne jamais obéir n’est souvent que l’esclave de ses propres penchants, le prisonnier de son ego. L’individu occidental moderne n’a pas encore su remplacer l’obéissance à une autorité extérieure (Église, État… ) par l’écoute de sa vérité intérieure. Le véritable obéissant, qui est à l’écoute à la fois de la réalité des situations qu’il rencontre et de l’être qu’il est, sait dire « non » lorsqu’une demande ne lui semble pas juste.
Obéissance et résistance ne s’opposent pas. Mais son « non » est toujours à la fois un oui à lui-même et un oui au réel. Et c’est ce oui, le oui de l’obéissance, qui rend possible leur ajustement."*

 Ce qui me semble intéressant ici, c'est la possibilité d'envisager que l'obéissance ne s'oppose pas à la liberté : au contraire, si l'obéissance est vécue jusqu'au bout, elle est un acte profond de liberté qui nous engage entièrement.

Cela me semble tout à fait pertinent de transposer cette perspective à l'éducation et au rapport parent/enfant...

Education bienveillante et obéissance : une notion à réhabiliter

Le parent, de par sa position et son statut,  exerce une autorité sur son enfant. Cette autorité est d'ailleurs reconnue légalement : on parle "d'autorité parentale".
Cependant, dans la manière dont elle va s'exercer, elle peut devenir tyrannique si elle est rigide, brutale; comme elle peut être structurante et libérante quand elle respecte profondément la liberté de l'autre, de l'enfant.

L'éducation est bienveillante est souvent confondue, à tort avec une approche qui voudrait échapper à ce lien d'autorité qui existe naturellement entre le parent et son enfant. C'est de mon point de vue une erreur. Les études qui ont étudié le développement de l'enfant dans un contexte où l'autorité était quasi inexistante, sont unanimes pour dire que cela créer des perturbations dans le bon développement de l'enfant. À l'inverse, une autorité trop directive et rigide engendre d'autres perturbations.
La question en éducation, n'est donc pas de savoir s'il faut ou non exercer son autorité, mais plutôt de quelle manière le faire.

L'obéissance n'est pas à reléguer dans la catégorie des notions désuètes, mais plutôt à réhabiliter en l'envisageant comme l'occasion d'un véritable apprentissage à la liberté, qui peut s'apprendre dès le plus jeune âge.
Obéissance et liberté ne s'opposent pas; ils peuvent s'accorder si l'on envisage qu'à la soumission à l'autorité, il existe une autre alternative : le consentement éclairé et conscient.


 

Pour aller plus loin :

- Une association s'est donné comme mission de sensibiliser les enfants, dès leur plus jeune âge à "l'intelligence du coeur" : une initiation à l'écoute de ses intuitions et de sa conscience. Accéder ici au site de l'association.

- Un module 100% en ligne pédagogique et interactif pour vous former à la discipline bienveillante : une discipline basée sur une autorité ferme et respectueuse de l'enfant. (Pour enfants de 2 à 12 ans). Les détails ICI.

- Vous pouvez suivre le programme "Panoplie du parent positif" formation en ligne de 21 jours qui vous permettra de mieux vous connaitre dans votre parentalité, identifier vos compétences parentales et acquérir les outils essentiels de l'éducation bienveillante.
 
Chaque jour, vous recevez un mail avec un contenu, un exercice que vous suivez à votre rythme...


*(Extraits du livre « Eléments de philosophie angélique » de Denis Marquet – Edition Albin Michel)


Rédigé par Nathalie Colin-Fagotin, Lu 238 fois






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