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Etes-vous alexithymique ? (Test à télécharger)

5 conseils pour se reconnecter avec ses émotions - Quand les émotions sont dures à dire....




L'alexithymie est un néologisme proposé par Sifneos en 1973. Il est un trouble de la lecture et de l’expression des émotions (a = absence, lexis = mot, thymos = humeur, affectivité, sentiment, émotion).
Mais qu'en est-il exactement ? Qui est concerné ?
Et comment se reconnecter avec ses propres émotions quand elles semblent inaccessibles ?


Etes-vous alexithymique ? (Test à télécharger)

L'alexithymie en 4 points


Ce trouble se caractérise par « une inhabilité à pouvoir faire des connexions entre les émotions et les idées, les pensées, les fantasmes, qui en général les accompagnent ».
En effet, les signes de l'alexithymie sont une incapacité à identifier et à décrire verbalement les sentiments et les émotions, une activité fantasmatique limitée et un style cognitif pragmatique essentiellement orienté vers les symptômes physiques et les éléments factuels extérieurs (une pensée qualifiée d'utilitaire).
Ce trouble a d'abord été repérée chez des patients présentant des troubles psychosomatiques. En effet, il est présent dans plusieurs troubles et pathologie (l’alexithymie se retrouve fréquemment dans les troubles anxieux, les troubles paniques, les troubles dépressifs, l’état de stress post-traumatique); mais il fut plus tard plus étudié et associé à un trait de personnalité.

On a plus tard décrit les 4 caractéristiques de ce trouble.*
 

La première est la difficulté à pouvoir communiquer ses sentiments à autrui (indispensable pour le diagnostic d’alexithymie), c'est à dire une incapacité à l’expression verbale des émotions.

La seconde est une incapacité d’identifier ses sentiments et de pouvoir les distinguer de ses sensations corporelles, (l'alexithymique décrit sans fin des symptômes physiques sans faire le lien avec les émotions qui les suscitent). 

La troisième caractéristique est la pauvreté de la vie imaginaire qui se manifeste par le fait qu'une personne alexithymique rêve peu et, quand le rêve existe, son contenu est pauvre, factuel et réaliste. Cela ne signifie pas pas que la personne ne rêve pas : elle rêve sans doute (de même qu’elle ressent des émotions), mais la verbalisation ne peut se faire.

La dernière caractéristique de l'alexithymie, est le fait d'avoir des pensées à contenu pragmatique (pensées tournées vers l’extérieur plutôt que vers les sensations intérieures) : la personne sait faire une description très détaillée de faits, d’événements, de symptômes physiques. Il y a une pauvreté des mots et des tournures utilisées, une pauvreté du discours et du ressenti dans ce dernier. 
Aujourd'hui, c'est un concept qui fait débat et qui ne fait donc pas l'unanimité.

Des études récentes** ont montré le lien entre l'alcoolisme et l'alexithymie et de façon plus générale avec les conduites dites addictives qui sont souvent liées à une problématique avec un vécu émotionnel difficile à gérer et même, parfois insurmontable. L'explication et déduction à tirer est qu'il existe un déficit émotionnel chez les personnes dépendantes aux substances psychoactives.

On retrouve également l'alexithymie dans plusieurs troubles ou pathologies connus : la dépression, la schizophrénie ou encore les troubles du spectre autistique.

Elle semble même impliquée dans des problématiques dermatologiques comme la pelade, ou alopécie areata, maladie auto-immune engendrant la perte des poils ; ou encore le psoriasis.



* (Taylor, Bagby, Parker, 1997)
** (Finn, Martin, Pihl, 1987 ; Haviland, Shaw, MacMurray, Cummings, 1988 ; Rybakowski, Ziolkowski, Zasadzka, Brzezinski, 1988 ; Taylor, Parker, Bagby, 1990 ; Fukunishi, Ichikawa, Ichikawa, 1992 ; Kauhanen, Julkunen, Salonen, 1992 ; Haviland, Hendryx, Shaw, Henry, 1994 ; Loas, Otmani, Fremaux, Lecercle, Duflot, Delahousse, 1996 ; Farges, Corcos, Loas, Perez-Diaz, Speranza, Guilbaud, Taïeb, Dugré-Le Bigre, Jeammet, 2003 ; Taïeb, Corcos, Loas, Speranza, Guilbaud, Farges, Perez-Diaz, Dugré-Le Bigre, Jeammet, 2003)
 


Plus qu'un trouble, une adaptation ?

Il serait réducteur de limiter l'alexithymie à la manifestation d'un trouble et d'une incapacité. En effet, il est à remarquer que l'influence de l'éducation et de la culture ont leur importance. Par exemple, dans certaines cultures, l'expression des émotions est prohibée ou doit suivre un strict cadre social car mal perçue socialement. Dans d'autres cas, il n'y a pas eu de modèle en terme d'expression des émotions dans l'enfance; ou ces émotions étaient plutôt réprimées. Ce qui revient à grandir avec une "page blanche" sur le sujet de la gestion des émotions.

Dans d'autres cas, l'alexithymie est une réaction à une situation récurrente, une forme de mécanisme de défense pour faire face à une situaiton douloureuse : par exemple subir le désintérêt des proches au sujet de ses propres ressentis, ou ne pas bénéficier de leur validation et approbation; ce qui peut conduire à se "couper" de ses émotions afin de ne plus être exposé à la souffrance qu'elles ne soient pas entendues ou même niées ou encore jugées.

On peut retrouver cette réaction suite à un évènement traumatisant, difficile à verbaliser tant les émotions sont fortes et envahissantes : il se produit alors une forme de coupure ou dissociation entre le vécu intérieur et la conscience de soi. On est alors comme déconnecté de ses propres émotions, incapables donc de les identifier et encore moins de les verbaliser. Cette réaction est particulièrement connue dans le cadre d'un syndrome de stress post-traumatique.

Qui est concerné ?

Environ 10% de la population serait concernée.
Si vous vous posez la question d'être concerné par l'alexithymie, certains signes peuvent vous metttre sur la piste :
- Par exemple, si quand vous êtes bouleversé(e) par une situaiton, vous avez du mal à savoir s'il s'agit de la peur, de la tristesse ou de la colère.
- Ou encore si vous avez des difficultés à savoir quelles émotions vous habitent à un moment précis : vous ne trouvez pas les mots pour vous exprimer ou vous ne savez parler que des sensations physiques que cela procure.

Par ailleurs, si vous êtes concerné par des troubles ou pathologies dont nous parlons plus haut, vous avez plus de probabilité d'être touché. Parlez-en au professionnel qui vous suit.
 

Etes-vous alexithymique ? Le test

Il existe un questionnaire en 20 points  mis au point par une équipe de chercheurs de Toronto dans les années 80; à s'auto-administrer qui permet de faire un premier point sur l'alexithymie. Ce peut aussi être un point de départ d'un travail avec une psychologue avec qui une psychothéraie pourra s'engager.

Il s'agit du Toronto Alexithymia Scale (TAS-20, Bagby, Parker, Taylor, 1994a et b). La version française a été mise au point par Marie-Paule Marchand puis publiée en 1993. Elle a fait l’objet de plusieurs études de validation. La Tas-20 est une version corrigée de la TAS.

Les questions concernent 3 dimensions :
  • la difficulté à identifier ses états émotionnels
  • la difficulté à décrire ses états émotionnels à autrui
  • la pensée opératoire.
Pour le passer, vous pouvez le télécharger ici et l'imprimer.
 

5 conseils pour se reconnecter avec ses émotions

  1. Prenez conscience de ce qui se passe en vous. La prise de consicence de l'incapacité, l'alexithymie, est sans doute la première étape, car elle permet d'ouvrir des champs de possibilités et une motivation à vouloir que les choses changent. En effet, ce qui enclenche un changement part souvent d'un constat d'échec ou d'une souffrance dont on souhaite sortir. De là peut s'amorcer un véritable travail sur soi pour explorer les causes et ouvrir des pistes de solutions...
  2. Faites-vous aider. Il sera dans certains cas très utile voire nécessaire d'effectuer cette exploration avec un professionnel qui vous guidera. Nous l'avons vu, les causes de l'alexithymie sont diverses et comprendre ce qui cause la vôtre sera primordial pour vous comprendre.
  3. Une fois les causes identifiées, il s'agira d'apprendre ou réapprendre à apprivoiser ses émotions : s'autoriser à les ressentir, accepter que parfois elles vous débordent, ne plus les voir comme des ennemies à vaincre ou à fuir, mais comme des alliées à apprivoiser  et à utiliser pour un mieux-être au quotidien et avec les autres.
  4. Trouvez la technique qui vous convient. Des techniques pourront vous aider à vous reconnecter : la visualisation ou la méditation pleine conscience pour accentuer la concentration sur vos ressentis afin de pouvoir les identifier et les relier à des émotions. Des approches dites psycho-corporelles pourront vous aider à lier sensations physiques et vécu émotionnel et "débloquer" certains "noeuds". La technique narrative pourra vous aider au travers du récit d'une histoire afin de vous réapproprier votre parcours et reprendre la main sur l'écriture de votre hstoire à venir... Il existe encore d'autres techniques qui peuvent avoir un intérêt pour vous. Le plus important est de trouver celle(s) qui vous convien(ne)t. Quelle est la technique qui voua a aidée ? Comment vous en êtes-vous sorti ? Vous pouvez commenter cet article et faire part de votre témoignage.
  5. Entraînez-vous à nommer vos émotions. Vous sentez un malaise ? Des sueurs froides ? Un noeud à l'estomac ? Laissez cette sensation s'exprimer et "prendre place", sans chercher à la cacher ou la réprimer. Puis essayez de citer l'émotion qui se rapproche le plus de cette sensation. Vous pouvez pour cela vous aider d'une liste d'émotions, ou encore d'outils comme la roue de la météo intérieure.

Pour aller plus loin sur le sujet des émotions

Pour en savoir plus sur les émotions, vous pouvez :
- Visionner la conférence "La distance émotionnelle dans le couple  "
- Visionner la conférence "La logique des émotions
- Visionner la conférence "Colère et émotions fortes : gérer au quotidien "
- Visionner la conférence "La sécurité émotionnelle "
- Visionner la conférence "Comment gérer son stress et ses émotions "
- En parler avec un professionnel (le test auto-administré peut être un support de travail) dans le cadre d'une consultation personnalisée.


Rédigé par Nathalie Colin-Fagotin, Lu 709 fois






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