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La dépression de l'adolescent expliquée aux parents




Il est toujours délicat de parler de dépression des adolescents. C’est un sujet sensible, quasi tabou. Et pourtant, connaitre mieux ses signes précurseurs, c’est mieux se prémunir pour agir au plus tôt et donc éviter que la situation ne dégénère. Cette maladie n’est pas facile à déceler et souvent, il faut du temps pour obtenir un diagnostic précis. En effet, la dépression, si elle n’est pas prise en charge, peut mener un adolescent à perdre le goût de vivre…


La dépression de l'adolescent expliquée aux parents

Quels sont les signes de la dépression chez l’adolescent ?

Les signes principaux de la dépression sont :
 

  • la fatigue
  • la tristesse
  • une modification des habitudes alimentaires et/ou du sommeil
  • une perte d'intérêt pour le monde extérieur

Ces signes, pour être considérés comme inquiétants, doivent apparaitre en même temps (par exemple une simple fatigue ne signifie pas qu’un adolescent est dépressif). De plus, ils doivent durer dans le temps. On estime qu’il faut que la situation dure depuis plus de 15 jours pour faire l’hypothèse d’une dépression.

Il faut noter que certains signes avant coureurs peuvent être mal interprétés:

Un adolescent qui s’endort sur sa table, bâcle ses devoirs pourra être considéré comme « paresseux » par ses professeurs. Un autre qui « répond » et semble être « à fleur de peau » pourra être pris pour un élève insolent. Pourtant, dans ces deux cas, ces changements de comportement peuvent être de véritables signaux d’alarme à la dépression.

Ces problèmes apparents peuvent aboutir à une lecture plus globale de la situation, en repérant notamment, d’autres signes moins visibles, de dépression. 


Qu’est ce qui permet d’évaluer la dépression ?

Quand toutes les autres causes possibles d’un mal-être ont été éloignées, une évaluation précise de la situation est nécessaire pour savoir si l’adolescent traverse une mauvaise passe, un coup de « déprime », qui se résorbera tout seul, ou s’il s’agit de véritablement un début de dépression qu’il faut soigner au plus vite. 

En effet, tout un ensemble de critères seront pris en considération pour évaluer la gravité de la situation et donc le traitement à prescrire : Les signes observés, leur durée, les troubles associés (troubles anxieux, dysthymie, troubles du comportement, toxicomanie),la présence de pensées morbides, la préexistence de dépression dans la famille…

Des échelles et questionnaires existent qui permettent un état des lieux précis de la situation. L’un d’entre eux est le DSM IV, outil d’évaluation précis largement (et exclusivement) utilisé par les psychologues et médecins psychiatres.

Pour ne pas céder trop vite à la panique, se référer à des échelles d’évaluation accessibles au public, peut être utile dans un premier temps. 

Par exemple, voici un court extrait de l’échelle « Children Depression Inventory »*. Il s’agit de pensées d’adolescents qui, si elles sont cumulées (en tenant compte des exigences de cotation de l’échelle sur 27 items), permettent de conclure un haut risque de dépression. 

Note : il s’agit d’éléments indicatifs et non d’un outil 

Voici quelques pensées extraites de l’échelle :

« Rien ne marchera jamais bien pour moi »

« Rien ne m’amuse »

« Je me déteste »

« J’ai envie de pleurer tous les jours »

« Je me sens toujours seul(e) »

« Personne ne m’aime vraiment »


Comment se soigne une dépression ?

Une première évaluation faite par vous ou un professionnel proche de l’enfant - infirmière du collège, médecin de famille, éducateur, pédiatre – vous conduira à consulter un spécialiste en santé mentale : psychologue, médecin-psychiatre qui fera un diagnostic précis permettant de savoir s’il s’agit vraiment de dépression et si oui, de quelle intensité, gravité.

Le traitement le plus courant pour surmonter une grave dépression est l’association d’une psychothérapie avec un traitement médicamenteux adapté qui agira en parallèle pour soutenir la personne pendant sa psychothérapie.  Mais chaque traitement est adapté au cas par cas : nature de la thérapie, pertinence ou pas de la prise médicamenteuse…

Le suivi d’un spécialiste est nécessaire pour le traitement de la dépression, et ce suivi n’est pas à prendre à la légère étant donné les risques importants de suicide que la dépression génère.


En tant que parent, comment puis-je aider mon enfant ?

Votre rôle de parent est essentiel pour aider votre enfant à sortir de la dépression. Ce rôle peut se définir ainsi :

Vous connaissez votre enfant, vous l’observez tous les jours.  Vous connaissez ses antécédents médicaux et familiaux ; ce qui vous rend le plus à même de remarquer un changement dans son humeur, ses comportements, son poids…et de faire un précieux porte-parole pour votre enfant (qui sera en général, peu loquace). Tous ces éléments sont importants à rapporter pour la première évaluation de la situation. Puis avec plus de détails encore, lors du diagnostic avec le spécialiste.

Pendant son traitement, vous serez au quotidien avec votre enfant et serez le mieux placé pour observer les améliorations ou les nouveaux signes inquiétants. Ce qui sera déterminant pour adapter au besoin le suivi de l’enfant.

Votre soutien, votre affection, votre attention sont essentiels pour aider votre enfant à  guérir de la dépression. Chaque encouragement, la confiance que vous lui montrerez (même si c’est difficile de ne pas céder à la panique) seront des appuis sur lesquels votre enfant pourra s’appuyer.

Le déclencheur de la dépression de votre enfant peut se situer dans les difficultés familiales : deuil, divorce, conflits… Pour aller mieux, il faudra aussi s’attaquer à la source du problème qui a déclenché la maladie. Dans ce cas, une prise en charge ou thérapie familiale peuvent s’avérer salutaires pour votre enfant et vous !


Quelles précautions prendre si mon enfant est dépressif ?

Veiller à ce que les objets tranchants, armes et médicaments soient mis sous clefs.

Observer l’enfant pour savoir s’il pense au suicide (expressions qu’il utilise ou dessins évocateurs).

S’il parle de la mort, du suicide d’un proche, ne pas le prendre à la légère, il s’agit peut-être d’un appel à l’aide.

Surveiller en particulier les enfants impulsifs qui peuvent faire des gestes irréfléchis.

Repérer les signes inquiétants, rester vigilant : il s’isole, abandonne des activités, ne fait plus ses devoirs…

Se rendre disponible pour discuter ou tout simplement être là, comme une présence bienfaisante.

L’informer de toutes les possibilités qu’il a de parler dès qu’il en  sentira le besoin : avec vous, un proche, une association (Sos suicide - 444 767), un professionnel (psychologue, infirmière de l’école…), etc.


Pour aller plus loin :

* « Children Depression Inventory » de Kovacs et Beck, 1977.
 

Bibliographie : « Aider l’enfant dépressif », Martha Underwood Barnard, éd. De l’Homme, 2006.


Pour voir l'émission radio-enregistrée sur Polynésie 1ère :



Rédigé par Nathalie Colin-Fagotin, Lu 1464 fois






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