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Le TDA-H expliqué aux parents en 5 points

Clefs de compréhension et pistes d'action pour faire avec le TDAH




Le trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) peut concerner enfants, adolescents ou adultes. Mais comment se reconnait-il ? Comme se diagnostique-t-il ? Et comment peut-il être pris en charge ?
Voici des repères simples pour comprendre et agir :


TDAH expliqué aux parents - attention et hyperactivité

1- Comprendre le TDAH

"Tu es dans la lune !", "Tu fais la girouette" s'entendent dire les enfants atteints de de trouble : les oublis sont fréquents, ils se laissent facilement distraire (tout les intéresse !) ce qui demande souvent aux parents de superviser les affaires d'école ou de sport et s'assurer que leur enfant reste bien concentré.

"Tu as la bougeotte !" : l'enfant semble ne pas tenir en place, il cours, escalade, remue et a énormément de difficultés à rester en place un long moment, en particulier quand le sujet ne l'intéresse pas. Il a aussi du mal à attendre avant de parler, à contrôler son temps de parole ce qui lui cause des soucis à l'école ou avec ses amis.

Mais l'enfant TDAH est aussi plein d'énergie et super efficace quand il est en situation d'urgence. Il est drôle et imaginatif et fait rire ses camarades. Il a tellement d'énergie que ses parents se plaignent parfois : "tu nous fatigues !", mais lui aussi est fatigué car il n'arrive parfois pas à s'endormir. Ah ! le moment d'aller dormir peut vite devenir un cauchemar pour tout le monde : rien ne semble fonctionner pour arrêter la machine à réfléchir.

L'enfant TDAH peut sans le vouloir, être maladroit : il bouscule les autres ou se fait mal par "inattention".

Mais plus sérieusement, le TDAH, c'est quoi ?
Le TDAH est un problème neurologique qui apparaît durant l’enfance.
Il est lié à des anomalies de développement et de fonctionnement du cerveau.
Dans la majorité des cas, il concerne aussi un des parents (hérédité du trouble).


Les personnes souffrant d’un TDAH ont des difficultés d’attention et/ou d’impulsivité et d’hyperactivité qui affectent différentes sphères de leur vie (sociale, scolaire et professionnelle).
On estime à environ 4% le pourcentage de personnes atteintes par ce trouble chez la population adulte. Il est plus fréquent chez les enfants : environ 1/20 en est atteint.
 

2- Les idées reçues sur le TDAH

Idée reçue #1 : Le TDAH est la cause d'une "mauvaise éducation" : ​
Le TDAH n’est pas causé par des besoins affectifs non comblés ou par des problèmes psychosociaux : en revanche, il peut être exacerbé par ces facteurs.

Idée reçue #2 : Les enfants atteints sont moins intelligents :
Il n’y a pas non plus de lien entre le TDAH et l’intelligence de la personne.

Idée reçue #3 : Les garçons sont plus touchés que les filles :
Le TDAH n’est pas plus fréquent chez les garçons que chez les filles mais il se manifeste différemment : en général, les garçons présentent davantage d’hyperactivité et d’impulsivité tandis que les filles démontrent plus d’inattention.

3- Comment se manifeste le TDAH ?

Les recherches montrent que le TDAH atteint certaines fonctions exécutives : c’est-à-dire des processus cognitifs liés à la planification, à la pensée abstraite et au contrôle cognitif.

Chez les personnes présentant surtout des symptômes d’inattention, on observe une lenteur dans l’exécution d’une tâche (ex.: difficulté  à se concentrer et perte fréquente d’objets).

Par contre, si l’hyperactivité ou l’impulsivité domine, il s’agit plutôt d’un déficit d’inhibition (ex.: tendance à répondre trop rapidement à une question).

Le modèle de Thomas E. Brown (2005) précise que les individus ayant un TDAH seraient aptes à exercer adéquatement chacune de ces fonctions de base mais dans certaines conditions (ex. en cas d’urgence ).


 

4- Test : êtes-vous atteint du TDAH ?

Tout d'abord, il faut préciser qu'il est toujours délicat d'évaluer le TDAH car il est souvent associé à d'autres troubles psychologiques. (troubles de l'humeur, toxicomanies, troubles anxieux, dyslexie...)

Selon les critères du DSM-IV, plusieurs manifestations sont nécessaires pour conclure à la présence d'un TDAH :

Manifestation #1 : L'inattention
  • Prête difficilement attention aux détails;
  • A du mal à soutenir son attention (cours, lectures, conversation);
  • Ne semble pas écouter quand on lui parle;
  • Ne se conforme pas aux consignes et ne termine pas ses tâches;
  • Éprouve de la difficulté à planifier et à s’organiser au quotidien (travaux ou activités);
  • Évite ou fait à contrecœur les tâches qui demandent un effort mental soutenu;
  • Perd ses objets (notes de cours, agenda, livres, clés);
  • Est facilement distrait par des stimuli externes;
  • Fait des oublis fréquents (rendez-vous, rencontres).
Manifestation #2 : L'hyperactivité 
  • Remue souvent les mains et les pieds, bouge sur son siège;
  • A de la difficulté à rester assis;
  • Court et grimpe (chez l’adulte: bougeotte);
  • A de la difficulté à rester tranquille (travail et loisirs);
  • Est souvent « sur la brèche », ou survolté;
  • Parle trop.
Manifestation #3 : L'impulsivité
  • Répond aux questions avant qu’elles ne soient formulées;
  • Arrive difficilement à attendre son tour;
  • Interrompt souvent les autres ou impose sa présence (fait irruption dans les conversations).
Selon le nombre de symptômes observés, le TDAH sera "combiné", à inattention prédominante ou à hyperactivité prédominante.

Pour être pris en compte, les symptômes doivent se maintenir dans le temps et avoir un impact significatif sur le fonctionnement de la personne. De plus, ils ne doivent pas ^être provoqués par une autre problématique.


Mise en garde : Il convient d'être très prudent par rapport au diagnostic puisqu’il exige une évaluation rigoureuse, habituellement par l’un ou l’autre de ces professionnels: médecin de famille, psychiatre, neuropsychologue ou psychologue.
Une consultation clinique, des questionnaires et la recherche d’informations auprès de l’entourage, entre autres, permettent de recueillir le plus d’information possible. Des tests neuropsychologiques pourront également permettre de valider le diagnostic. 


Complément :
Il est important de comprendre qu'un enfant (ou ado) TDAH ne "peut pas" faire autrement, malgré ce que parfois en pense son entourage qui voit en lui un "potentiel" non exploité : "ils suffirait que tu fasses des efforts"...
 

5- Prise en charge et traitement


Le traitement médicamenteux permet de réduire les symptômes et aide à la mise en place de stratégies. Mais le traitement qui agit comme un "frein" à l'agitation (souvent un psychostimulant comme le Ritalin ou concerta), bien qu'efficace dans 50 à 70% des cas, doit être complété par une prise en charge psychologique.

Cette prise en charge psychologique apporte "le support et les conseils d’une aide professionnelle, et permet d’apprendre à utiliser au quotidien des techniques de gestion du temps et d’organisation de tâches, comme l’utilisation de pense-bêtes, d’un agenda et de listes, pour réduire l’impact des symptômes." (cf. ressources)

La plupart du temps, ces deux type d'aides suffisent, mais dans certains cas, il faudra envisager un aménagement scolaire pour assurer la réussite de l'enfant ou l'adolescent dans ses apprentissages.
 
Un traitement qui combine ​une approche pharmacologique et une approche psychologique s’avère généralement plus efficace.
 

Les ressources

- L'Université de Laval (Québec)  a édité un guide pédagogique pour aider les étudiants atteints de ce trouble dans leur scolarité. Vous pouvez télécharger le guide gratuitement ICI.

- Des conseils pour étudier avec un TDAH sont également proposés sur le site Ulaval.

- Site sur le TDAH.

- Programmes et formations permettant la prise en charge du TDAH : 6 programmes de formation pour les familles 

- Livre du Dr Vincent sur le TDAH : Mon cerveau a encore besoin de lunettes :
 


Quelques astuces (tiré du livre de Dr Vincent)

- Veiller à ce que chaque chose soit à sa place
- Dessiner ou écrire les choses qui ne doivent pas être oubliées
- Suivre une méthode par étape pour éviter de s'éparpiller
- Etablir des routines pour mieux s'organiser

D'autres trucs sont proposés dans son ouvrage "Mon cerveau a besoin de lunettes", éd. de l'Homme. 
 



Rédigé par Nathalie Colin-Fagotin, Lu 169 fois






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