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Le TDAH expliqué aux parents en 10 points + Test à télécharger

Clefs de compréhension et pistes d'intervention pour faire avec le TDAH




Le trouble déficitaire de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) peut concerner enfants, adolescents ou adultes. Mais comment se reconnait-il ? Comme se diagnostique-t-il ? Et comment peut-il être pris en charge ?
Voici des repères simples pour comprendre et agir :



1- Comprendre le TDAH

"Tu es dans la lune !", "Tu fais la girouette" s'entendent dire les enfants atteints de de trouble : les oublis sont fréquents, ils se laissent facilement distraire (tout les intéresse !) ce qui demande souvent aux parents de superviser les affaires d'école ou de sport et s'assurer que leur enfant reste bien concentré.

"Tu as la bougeotte !" : l'enfant semble ne pas tenir en place, il cours, escalade, remue et a énormément de difficultés à rester en place un long moment, en particulier quand le sujet ne l'intéresse pas. Il a aussi du mal à attendre avant de parler, à contrôler son temps de parole ce qui lui cause des soucis à l'école ou avec ses amis.

Mais l'enfant TDAH est aussi plein d'énergie et super efficace quand il est en situation d'urgence. Il est drôle et imaginatif et fait rire ses camarades. Il a tellement d'énergie que ses parents se plaignent parfois : "tu nous fatigues !", mais lui aussi est fatigué car il n'arrive parfois pas à s'endormir. Ah ! le moment d'aller dormir peut vite devenir un cauchemar pour tout le monde : rien ne semble fonctionner pour arrêter la machine à réfléchir.
L'enfant TDAH peut sans le vouloir, être maladroit : il bouscule les autres ou se fait mal par "inattention".


Mais plus sérieusement, le TDAH, c'est quoi ?
C'est à partir de 1902 qu'un pédiatre, le docteur George Frederic Still, a précisé et défini le TDAH comme un trouble (en anglais ADHD pour Attention Deficit Hyperactivity Disorder).

S'il concerne préférentiellement les garçons durant l'enfance, il touche autant les femmes que les hommes à l'âge adulte !
Le TDAH est un problème neurologique qui apparaît durant l’enfance.
Il est lié à des anomalies de développement et de fonctionnement du cerveau.
Dans la majorité des cas, il concerne aussi un des parents (hérédité du trouble).


Les personnes souffrant d’un TDAH ont des difficultés d’attention et/ou d’impulsivité et d’hyperactivité qui affectent différentes sphères de leur vie (sociale, scolaire et professionnelle).

On estime à environ 2-4% le pourcentage de personnes atteintes par ce trouble chez la population adulte.
Il est plus fréquent chez les enfants : environ 1/20 en est atteint
.
 

2 - Les facteurs de risque du TDAH

Il existe plusieurs facteurs de risques. 
Les plus fréquents sont toutes les complications durant la grossesse,ou périnatales : 
  • Etre exposé à des toxiques durant la grossesse
  • Hypertension artérielle pendant la grossesse
  • Avoir des traumas à la naissance (ex : faible poids de naissance). 
La carence importante durant le développement, qu'elle soit alimentaire ou carence de soins de la part des parents (de même que de vivre dans une extrême pauvreté), semble être également un facteur de risques pour le TDAH...

3 - 3 idées reçues sur le TDAH

Idée reçue #1 : Le TDAH est la cause d'une "mauvaise éducation" : ​
Le TDAH n’est pas causé par des besoins affectifs non comblés ou par des problèmes psychosociaux : en revanche, il peut être exacerbé par ces facteurs.

Idée reçue #2 : Les enfants atteints sont moins intelligents :
Il n’y a pas non plus de lien entre le TDAH et l’intelligence de la personne.

Idée reçue #3 : Les garçons sont plus touchés que les filles :
Le TDAH n’est pas plus fréquent chez les garçons que chez les filles mais il se manifeste différemment : en général, les garçons présentent davantage d’hyperactivité et d’impulsivité tandis que les filles démontrent plus d’inattention.

4 - Comment se manifeste le TDAH ?

Les recherches montrent que le TDAH atteint certaines fonctions exécutives : c’est-à-dire des processus cognitifs liés à la planification, à la pensée abstraite et au contrôle cognitif.

Chez les personnes présentant surtout des symptômes d’inattention, on observe une lenteur dans l’exécution d’une tâche (ex.: difficulté  à se concentrer et perte fréquente d’objets). Cela peut aussi entrainer un manque de persévérance et une plus grande distractibilté et le fait d'être plutôt désorganisé.

Par contre, si l’hyperactivité ou l’impulsivité domine, il s’agit plutôt d’un déficit d’inhibition (ex.: tendance à répondre trop rapidement à une question).

Le modèle de Thomas E. Brown (2005) précise que les individus ayant un TDAH seraient aptes à exercer adéquatement chacune de ces fonctions de base mais dans certaines conditions (ex. en cas d’urgence ).
 

De nombreuses fonctions exécutives sont touchées :
  • la mémoire de travail (capacité de mémoriser, sur un court temps, des informations sensorielles) ;
  • l’inhibition (capacité à contrôler ses impulsions) ;
  • la flexibilité (capacité à anticiper et à mettre en place les bonnes actions et stratégies pour atteindre un objectif donné) ;
  • l’organisation (capacité à mener un raisonnement à son terme en vue de résoudre un problème) ;
  • l’attention (capacité à se concentrer sans être distrait).
D'autres signaux pourront se présenter :
  • une labilité émotionnelle, c’est-à-dire une grande fluctuation de leurs émotions ;
  • une intolérance à la frustration ;
  • une difficulté à adhérer aux règles sociales et familiales.

Notes :
Il est important de comprendre qu'un enfant (ou ado) TDAH ne "peut pas" faire autrement, malgré ce que parfois en pense son entourage qui voit en lui un "potentiel" non exploité : "il suffirait que tu fasses des efforts"...

Par ailleurs, chez l'enfant il y aura souvent plus de manifestations d'hyperactivité et d'impulsivité que chez l'adulte ce qui peut entrainer plus de difficultés scolaires et donc d'échec scolaire. Ceci s'explique en partie par l'immaturité de leur cerveau et la difficulté à compenser et à contrôler notamment leur impulsivité.

Manifestations chez l'adolescent : les observations sont à mettre en perspective avec les spécificités de cette période développementale. Par exemple, si l'adolescent a une tendance à être plus impulsif, ce sont plus particulièrement les conséquences sur son quotidien qui seront regardées de près pour évaluer la situation et la présence d'un TDAH .

Manifestations à l'âge adulte : Chez l'adulte, les symptômes ne vont pas se traduire tout à fait de la même manière. Par exemple, l'hyperactivité peut se manifester par une tendance à bouger, à faire beaucoup d'activités, à beaucoup parler, à s'impatienter dans des situations où il s'ennuie ou encore une difficulté à supporter les files d'attente et les bouchons. Concernant les difficultés d'attention, il y a aussi des pertes d'objets, une difficulté à planifier, des oublis de rendez-vous, des difficultés à tenir les délais.

5 - Test : êtes-vous atteint du TDAH ?

Tout d'abord, il faut préciser qu'il est toujours délicat d'évaluer le TDAH car il est souvent associé à d'autres troubles psychologiques. (troubles de l'humeur, toxicomanies, troubles anxieux, dyslexie...)
Par ailleurs, les symptômes doivent être au moins 6 et durer sur au moins 6 mois...

Selon les critères du DSM-IV, plusieurs manifestations sont nécessaires pour conclure à la présence d'un TDAH (présent dans cet outil diagnostique depuis 1980):

Manifestation #1 : L'inattention
  • Prête difficilement attention aux détails (fautes d'étourderie dans le travail scolaire ou autres activités);
  • A du mal à soutenir son attention (cours, lectures, conversation);
  • Ne semble pas écouter quand on lui parle (semble être dans la lune);
  • Ne se conforme pas aux consignes et ne termine pas ses tâches;
  • Éprouve de la difficulté à planifier et à s’organiser au quotidien (travaux ou activités); a du mal à tenir les délais;
  • Évite ou fait à contrecœur les tâches qui demandent un effort mental soutenu;
  • Perd ses objets (notes de cours, agenda, livres, clés);
  • Est facilement distrait par des stimuli externes (pensées parasites, ;
  • Fait des oublis fréquents (rendez-vous, rencontres).
Manifestation #2 : L'hyperactivité 
  • Remue souvent les mains et les pieds, bouge sur son siège (monté sur des ressorts);
  • A de la difficulté à rester assis;
  • Court et grimpe (chez l’adulte : bougeotte);
  • A de la difficulté à rester tranquille (travail et loisirs);
  • Est souvent « sur la brèche », ou survolté;
  • Parle trop.
Manifestation #3 : L'impulsivité
  • Répond aux questions avant qu’elles ne soient formulées;
  • Arrive difficilement à attendre son tour;
  • Interrompt souvent les autres ou impose sa présence (fait irruption dans les conversations, coupe la parole).
Selon le nombre de symptômes observés, le TDAH sera "combiné", à inattention prédominante ou à hyperactivité prédominante.

Pour être pris en compte, les symptômes doivent être survenus avant l'âge de 12 ans, se maintenir dans le temps, avoir un impact significatif sur le fonctionnement de la personne et soient présents dans plusieurs contextes. De plus, ils ne doivent pas être provoqués par une autre problématique.
Par ailleurs, les symptômes doivent être présents dans les 3 manifestations décrites plus haut.

 

6 - Comment se fait le diagnostic ?

Le diagnostic se fait à partir d'un entretien dit semi-standardisé qui va permetttre d'établir la présence d'un certains nombre de critères qui pourront consituter des symptômes sgnificatifs permettant d'établir la présence d'un TDAH.
Plusieurs outils d'entretien existent pour les enfants et les adultes.
Le K_SADS en est un pour les enfants et les adolescents qui brosse les différents troubles de cette période.
L'ADHD Child Evaluation est plus spécifiquement orienté sur le TDAH.
Le SCID pour les adultes ou encore le DIVA.

Des questionnaires sont également accessibles de façon à obtenir des données plus quantitatives : notamment le questionnaire de Conners dont vous pouvez télécharger ici (PDF) la version pour les parents.
Ou encore le questionnaire BRIEF  ou ACE (pour enfants et adolescents spécifique au TDAH).
Chez les adultes, on trouve le questionnaire ASRS ou encore le WURS.

Parmi les symptômes observés, l'intensité et l'interférence avec le quotidien sera également examiné attentivement.

Les éléments du contexte (familial, scolaire) seront aussi importants à recueillir
Le diagnostic peut s'en tenir là ou être complété avec une évaluation neuropsychologique concernantles fonctions exécutives afin d'identifier quelles capacités cognitives dont touchées ou préservées.
Des éléments de comorbidité seront identifiés si besoin et un diagnostic différentiel, c'est à dire qui permet de voir si un autre diagnotic que le TDAH peut être posé, sera fait le cas échéant. 

Mise en garde : Il convient d'être très prudent par rapport au diagnostic puisqu’il exige une évaluation rigoureuse, habituellement par l’un ou l’autre de ces professionnels: médecin de famille, psychiatre, neuropsychologue ou psychologue.
Une consultation clinique, des questionnaires et la recherche d’informations auprès de l’entourage, entre autres, permettent de recueillir le plus d’information possible. Des tests neuropsychologiques pourront également permettre de valider le diagnostic. 


 

7 - Impact sur le fonctionnement familial et scolaire

La labilité émotionnelle et l’impulsivité de l’enfant,  vont générer des tensions dans le cercle familial : crises de colère, désobéissance, agressivité…
Le risque est qu’un cercle vicieux se mette en place.
 
Ainsi, le scénario suivant est régulièrement observé :
  • L’enfant s’oppose à des consignes et commence à devenir agressif.
  • Pour obtenir son obéissance, les parents deviennent de plus en plus critiques et punitifs.
  • L’enfant devient alors de plus en plus défiant, entre dans la confrontation. Son estime de soi est également impactée.
  • Ceci pousse les parents à opter pour des pratiques de plus en plus coercitives : les punitions deviennent disproportionnées. Ils éprouvent un sentiment d’incompétence parentale et leur estime de soi est entachée. Ils se sentent impuissants face à la situation qu’ils sont en train de vivre.
Cela conduit à un stress important qui aura un grand retentissement sur la vie familiale, mais aussi scolaire.

8 - Prise en charge et traitement


Le traitement médicamenteux permet de réduire les symptômes et aide à la mise en place de stratégies. Mais le traitement qui agit comme un "frein" à l'agitation (souvent un psychostimulant comme le Ritalin ou concerta), bien qu'efficace dans 50 à 70% des cas, doit être complété par une prise en charge psychologique.

Cette prise en charge psychologique apporte "le support et les conseils d’une aide professionnelle, et permet d’apprendre à utiliser au quotidien des techniques de gestion du temps et d’organisation de tâches, comme l’utilisation de pense-bêtes, d’un agenda et de listes, pour réduire l’impact des symptômes." (cf. ressources)

La plupart du temps, ces deux type d'aides suffisent, mais dans certains cas, il faudra envisager un aménagement scolaire pour assurer la réussite de l'enfant ou l'adolescent dans ses apprentissages.
 
Un traitement qui combine ​une approche pharmacologique et une approche psychologique s’avère généralement plus efficace.
 

9 - Les ressources

- L'Université de Laval (Québec)  a édité un guide pédagogique pour aider les étudiants atteints de ce trouble dans leur scolarité. Vous pouvez télécharger le guide gratuitement ICI.

- Des conseils pour étudier avec un TDAH sont également proposés sur le site Ulaval.

- Site sur le TDAH.

- Programmes et formations permettant la prise en charge du TDAH : 6 programmes de formation pour les familles 

- Livre du Dr Vincent sur le TDAH : Mon cerveau a encore besoin de lunettes :
 


10 - Quelques astuces (tiré du livre de Dr Vincent)

1- Veiller à ce que chaque chose soit à sa place
2- Dessiner ou écrire les choses qui ne doivent pas être oubliées
3- Suivre une méthode par étape pour éviter de s'éparpiller
4- Etablir des routines pour mieux s'organiser

D'autres trucs sont proposés dans son ouvrage "Mon cerveau a besoin de lunettes", éd. de l'Homme. 
 



Rédigé par Nathalie Colin-Fagotin, Lu 3417 fois






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