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Vivre et réussir malgré le handicap - témoignage

Témoignage de vie sur le handicap




François Zeugin raconte son histoire dans son livre "Z'Handivie'f ", auréolée d'anecdotes et soupoudrée d'humour...
C'est un livre sur l'amour de la vie, la volonté, la persévérance et le destin.


Vivre et réussir malgré le handicap - témoignage

Qui est François Zeugin ?

Il le dit lui-même : " tombé fortement paralysé à l'âge de 6 mois. Grâce à ma mère et à mon opiniâtreté par la suite je devins journaliste, photographe,Secrétaire du Comité d'Entreprise de Generali ( + de 6000 salariés ), aide à la formation (audiovisuel et autre), posséda des chevaux de courses qui ont couru à Vincennes( un rêve sans trop d'argent), le rugby, juge au Festival de Cannes Entre2Marches, entre autre. Je fit la connaissance de nombreuses personnes, professeur Choron, Mireille Darc, Antoine Bernheim, Georges Lautner, Roger Pierre et Jean marc Thibaut…. 
Le handicap fait partie de ma vie, mais c'est l'amour de celle ci qui est ancré en moi. Comme j'écris à la fin du livre ' Je ne regrette pas la vie que j'ai vécue, mais peut être toutes celles que je n'ai pas vécues '."

Extrait de son livre

…...Je suis né le 27 août 1947 avec les cheveux sur les épaules, si, si, à tel point que la sage-femme m'a tiré par la tignasse pour me faire sortir.
Bien sûr maman a vivement protesté, pas commode ma maman, mais la sage -femme lui a répondu que ce n'était que du duvet.
Et jusqu'à aujourd'hui, j'ai un petit trou sur le cuir chevelu sans poil.
Du duvet, mon œil !
Je suis sorti dans le grand monde comme cela, tout nu et coiffé à la Beatnik…...
A huit mois je suis allé chez le docteur ( avec ma maman bien sûr, pas tout seul !) qui m'a fait comme une piqûre et du jour au lendemain , mon œil a tourné (je ne me suis pas évanoui, mon œil droit a louché fortement-un beau strabisme-) et moi qui commençait à me tenir bien droit, je ne pouvais plus rien faire.
Un vrai paquet de chiffons, vous savez, comme ces doudous pour bébés qui ne sont pas plus rigides que de la guimauves.
Bref ! Personne ne comprenait (ni mes parents, ni le docteur) même pas moi………..
A mes trois ans, maman prit une décision.
Je ne marchai toujours pas, je ne parlais pas ( ah si, je disais un mot que personne ne comprenait ………...
Donc maman demanda à Louis(c'est mon papa) l'autorisation de ne plus travailler et de ne s'occuper que de moi, même si tous les cinq ( papa, maman, mes deux frères et moi) nous ne roulions pas sur l'or; papa était commis poissonnier et maman caissière dans la même poissonnerie.
Papa, au grand étonnement de maman accepta…...….......
A force de forcer (c'est le cas de le dire) et d'exécuter les mouvements que m'inculquait maman, je commençait a remuer les bras et les jambes.
Bien sûr, tout est relatif…...……….........
Mes parents, bien qu'une seule paye rentrât à la maison pour nous nourrir tous les cinq, se sont serrés aux quatre veines et à partir de mes deux ans, ils ont loué pour les vacances, à La Tranche Sur Mer, deux piéces dans une maison chez des personnes qui cultivaient des oignons et des patates juste au bord de la mer...…..
Au début, malgré la mer et le soleil, je n'ai pas vraiment profité de cet endroit ( au dire de mon grand frère) afin que je reste assis et droit, mes parents creusaient un fauteuil dans le sable, me disposant dans le creux avec précaution.
Il est évident que maman restait en permanence à mes côtés…...
Au fil des années, l'été revenu, je prenais de l'assurance et je voulus sortir de mon trou.
Comme je voyais des petits, plus jeune que moi, marcher à quatre pattes, évidemment l'envie m'en prit de les imiter.
Je dois dire qu'étant donné que je marchais à quatre pattes sur le sable, j'ai pris de la force dans les jambes, dans les bras, et un mental qui commençait à se bétonner sérieusement.
Bien sûr, j'en ai pris des gamelles, j'en ai mangé du sable, ce qui ne m'empêchait pas de recommencer pour voir si j'étais capable d'aller plus vite et plus loin !
Cela m'a permis de me rendre compte que plus j'insistais, plus j'avais la hargne d'y arriver. Ne me demander pas à quoi …...….
L'année de mes six ans, maman m'emmena chez un Ostéopathe (c'est comme cela qu'elle nommait son travail) américain, ne me demandez pas comment elle avait eu son adresse…......
De mes yeux d'enfant, il me faisait penser au professeur Tournesol : pas très grand, en blouse blanche, un peu lunaire, mais visiblement intéressé par mon cas.
Il m'a allongé sur sa table,m'a ausculté, palpé longuement, s'arrêtant comme pour se parler à lui même et a prié maman de patienter dans la salle d'attente……...…….. elle lui rétorqua qu'elle ne bougerait pas...…...….
L'ostéopathe a commencer à me manipuler. 
A un moment, il se produisit un grand bruit qui résonne encore à mes oreilles.
Maman s'est levée d'un bond, les larmes aux yeux.
Elle n'eut pas le temps d'engueuler l'Ostéo, car il m'avait enlevé de la table, mis debout en me disant de m'appuyer sur les rebords et il dit simplement à maman, comme si c'était naturel :
" Il ne pouvait pas marcher tout seul, il fallait que vous lui teniez la main gauche constamment. Maintenant il pourra le faire s'il est assez courageux."
Ce sera long, très long, car il a un dérèglement nerveux qui le gênera toujours pour marcher normalement. Seulement avec beaucoup de persévérance, il aura une vie quasiment normale………...…...….
Je me tenais debout, sans aucune aide quiconque. Bien sûr, je ne lâchais pas la table, de peur.
Je n'y croyais pas.
Vous savez, il y a des paliers dans la vie, celui-là a été un déclencheur énorme…...…......…..
Le temps passait et j'avais déja neuf ans, je suis rentré à l'école Pierre Foncin. L'école des Paralysés de France …...…..
Pendant ces trois ans dans cette école j'ai appris beaucoup de choses.
D'abord la vie en communauté avec des enfants environ de mon âge , avec chacun une pathologie différente, certains marchant comme moi plus ou moins bien, avec des appareils ou pas, d'autres se trouvant en fauteuil roulant. ….....
Nous ne parlions jamais de notre handicap, c'est d'ailleurs comme s'il n'existait pas.
Je n'ai jamais vu des personnes aussi studieuses, mais une fois dans la cour de récréation, nous inventions tout pour éclater de rire, nous faisions même des courses avec les fauteuils roulants.
Chacun était d'origine différente, de milieu pauvre ou aisé, et jamais nous n'avons parlé de couleur ni d'argent, nous étions trop occupé à nous instruire, à rire, et à nous entraider.........…........
J'avais treize ans et j'allais rentrer en sixième………..
J'allais vite comprendre que travailler dans une école de paralysés et étudier dans une classe entouré "normaux", pour un handicapé, c'est le jour et la nuit.

Références du livre

Cet extrait est tiré de l'ouvrage :
 
Z'Handivie'f  paru aux Editions du Panthéon est à commander chez votre libraire préféré ou, Fnac, Amazon.fr, Cultura ...


 

Commander le livre :

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Rédigé par Nathalie Colin-Fagotin, Lu 76 fois





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